Les grandes catastrophes

De WikiEnghien.

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L'incendie du 2 juillet 1497

A l'époque rares étaient les maisons de pierres et la plupart d'entre elles étaient faites de bois et de chaume. La rareté de la pierre était due à l'éloignement des carrières et à l'unique utilisation de celles-ci pour les constructions militaires de défense de la ville

Plusieurs versions nous sont données quant à l'origine de l'incendie, la plus répandue étant celle de "la servante faisant de la fricassée en secret et qui cacha la poêle sous son lit". La proximité des maisons et les toits de paille qui longeaient le sol furent deux des causes essentielles de la rapide propagation de l'incendie. Deux autres causes furent le manque d'espace dû aux nombreux viviers et étangs (vivier des béguines et le servoir dou wingaert) et l'existence de 40 granges à grains qui brûlèrent telles des brasiers.

L'incendie en lui-même dura une journée entière. Il fit partir en fumée près de 500 maisons, tua 36 Enghiennois, brûla le clocher de l'église et fit fondre les cloches. Les principaux dégâts se situèrent à la rue de Bruxelles et au début de la rue d'Herinnes. Le feu détruisit aussi l'Hotel de ville situé alors à la maison Hadidi, 40 granges, 3 halles, la boucherie communale, la porte de Bruxelles et plusieurs parties des remparts. L'hopital fut lui aussi touché et ne fut reconstruit qu'au 16éme siècle au moyen d'aumônes recueillies par deux religieuses dans tout le pays.

La ruine de la ville fut telle que Philippe le Beau, le 10 juin 1498, accorda dispense de paiement pour 6 ans des aides levées à la suite de la guerre de Gueldre, avec ordre de se servir de cette somme pour la reconstruction. En 1501, Philippe de Clèves,s eigneur d'Enghien, offrit la seconde cloche pour les cloches détruites par l'incendie de 1497. Ornant encore aujourd'hui le clocher d'Enghien, elle porte l'inscription : « Philliph es myne name / My gheluyt sy Gode bequame », et a été fondue par Pierre Waghevens à Malines. Il semble également avoir financé sur ses propres deniers la reconstruction de la tour de l’église, détruite lors de l'incendie de 1497, et qui se serait achevée en 1520.

Cet incendie ne fut pas le seul à Enghien:

- 1418: hôtel de Warelles brûlé

- 1428: le monastère des Augustins réduit en cendres

- 1466: la Tour des bouchers

- 1468: le clocher de l'église St-Nicolas

- 1540: toute le rue Willoy (rue des capucins) et la rue de Hoves

- 1543: la porte de Bruxelles

- 1547: 300 maisons, l'hôpital et la porte de Hoves

- 1578: 300 maisons

- 1594: 445 maisons, l'église et le cloître St-augustin, l'hôpital St-nicolas

- 1604: 110 maisons

Cet incendie de 1497 prends toute son importance lorsque l'on voit les changements qu'il causa dans la politique de lutte contre les incendies à Enghien:

- des "ménestreurs" rôdaient nuit et jour pour signaler tout possible début de feu.

- on mit un ménestreur au sommet du clocher pour prévenir les débuts d'incendies via la cloque St-Sebastyen et le "cornet de gait" où il criait l'endroit où il fallait se rendre.

- a partir de 1604, plus aucune maison ne pu être reconstruite en paille et les granges déménagèrent hors de la ville. C'est à ce moment qu'est intervenu Henri IV, roi de France, seigneur d'Enghien, puisqu'il intervint financièrement auprès des enghiennois qui devaient reconstruire leur maison en pierre.

- un nouveau système de combat du feu via l'eau vit le jour: on construisit des viviers partout au coeur et hors de la ville: 2 viviers dits de la Haie à la porte d'Hoves qui se prolongeaient par la vivier d'Harchoelle jusqu'à Marcq, le "viese vivier" situé entre la porte d'Hérinnes et la porte de la Gaine, le vivier du parc qui contournait l'ancien château, le vivier de la Garenne sous le pont-levis, le grand vivier du Héron à la porte de Wingaert et 2 viviers de Vollerde pas localisés à ce jour.

Les épidémies de 1617 et 1635

Plusieures épidémies frappèrent Enghien au 16ème et 17ème siècle, notamment la peste qui entra dans nos remparts à 5 reprises et surtout en 1667 où elle yresta deux années et fit de nombreuse victimes. D'autres épidémies tels le typhus, la dysenterie, le choléra et la grippe firent aussi des victimes mais dans une moindre importance que les épidémies de 1617 et 1635 qui firent respectivement 82 et 121 parmi une poulation de 2000 habitants à l'époque.

L'histoire de l'épidémie de 1617 peut être suivie des années après grâce aux lettres de correspondance qu'écrivait Anne de Croy à son agent pricipal en mission à Anvers à l'automne 1617. Ces lettres nous font part que personne ne trouva de remède pour cette maladie inconnue alors. L'épidémie prit forme en septembre 1617 lorsque 7 cas furent recensés à l'hotel "le Vert Galland" qui se situait entre le Parc et le Vieux Marché. Ces correspondances nous apprennent aussi que ce sont les Soeurs Grises qui soignèrent les malades et que l'on demanda à un médecin de Galmaarden de soigner les infestés au couvent de Nazareth car aucun médecin enghiennois ne voulut les soigner. A l'époque, les enghiennois ne trouvèrent rien de mieux comme remède que d'allumer des feux aux quatres coins de la ville dans le but car ils pensaient que la maladie se propageait par l'air. Leur seile récompense ne fut que des victimes dues aux incendies provoqués par ces feux....


L'orage de 1674

L'orage de 1674 rompit la quiétude du ciel enghiennois à partir de 5h30 et ne se termina qu'à 18h le même jour. Peu de documents sont à notre disposition mais voici la liste des dégats de cet orage:

- le clocher de l'église de Petit-Enghien fut mit à bas

- les toitures de la porte d'Hérinnes et le moulin d'Hérinnes furent ravagés

- le moulin de la Dodane fut détruit

- Les grêles endommagèrent fortement les granges et la plupart des récoltes furent détruites

Pour l'anecdote, la seule victime qui fut à déplorer est un garçon de 15 ans qui fut écrasé par un pan de mur au coin de la rue d'Herinnes et de la rue du Sac.


L'épidémie de choléra de 1849

L'origine du choléra se situe en Asie, dans le delta du Gange. Les deux premières pandémies en Europe firent plus d'un million de mort en 1817 et 1837. La troisième pandémie concerne notre ville plus particulièrement. Elle débuta en 1846 et finit en 1851. Le choléra arriva en Belgique le 28 octobre 1848 part le port d'Anvers à bord d'un bateau nommé l'Amicitia. Le 7 décembre, le fléau atteignit Mons et le 10 juin 1848, on recensa le premier cas dans les murs de la ville d'Enghien.

cette épidémie causa à Enghien 91 décès pour 321 cas de choléra recensés pour une population de 3788 habitants (8,5% d'être touché et une chance sur quarante d'y succomber)

Le foyer de l'épidémie se situait dans les quartiers pauvres de l'époque, c'est-à-dire dans la rue du château, la rue du béguinage, la rue du mont, la rue de Nazareth, la rue des eteules, la rue nuit et jour et la rue du doyen.

Le 10 juin 1848, un jeune dentellière de 9 ans, nommée Marie Dubois et habitant la rue du château, fut saisie de douleurs gastriques et eu plus de 50 celles ce jour. Les selles étaient aqueuses et incolores avec des grains blanchâtres ressemblant à des grains de riz. Cela étant, elle l'enfant meurt le même jour de soif car toute ingestion de liquide ne faisait qu'amplifier les vomissements.

Suite à son décès, un comité de Slubrité Publique fut mit en place. Il était présidé par le docteur Cuerens, médecin des trois premières victimes. Son but était de faire un état des lieux des rues, des maisons et des places critiques où le choléra pourrait se développer.

Les foyers les plus fréquents de contagion étaient selon le comité les boissons contaminées, les fruits et les légumes lavés dans de l'eau souillée, les aliments infectés par les mouches, les fumiers, les mares dans les rues et les vêtements des malades sèchant dehors. Le pire était, encore selon eux, les rigoles dans les rues. c'est pourquoi la première décision qu'ils prirent était de laver celles-ci dans les quartiers les plus pauvres.

C'est à l'hôpital Saint-nicolas que furent soignés les infectieux. L'hôpital employait 11 religieuses, le dr Cuerens, une infimière et un infirmier.

Le dernier cas fut répertorié le 28 septenbre 1849, l'hôpital soigna 120 cas pour 58 décès, à domicile 180 personnes furent soignées et 33 perirent. Le mois d'août 1849 fut le plus meurtier avec 120 cas et 36 décès.

Les bombardements de 1940

Les bombardements sur la ville d'Enghien eurent lieu le 16 mai 1940, lors de la campagne allemande d'invasion de la Belgique que l'on appela la campagne des 18 jours. La Luftwaffe visa ce jour uniquement la gare mais comme souvent, le bâtiment visé ne fut pas le seul touché et beaucoup de maisons et de civils furent touchés.

Le 16 mai 1940 était le jour du repli de la première brigade blindée anglaise vers Tournai. A Enghien, les tanks devaient être chargés sur des remorques de chemins de fer et être acheminés vers Tournai. Lorsque la brigade arriva à Enghien ,la gare avait déjà été touchée et les cheminots français avaient tous succombé. Ils tentèrent alors, mais en vain, de réunir du matériel ferroviaire pendant que les avions visaient encore la voie ferrée. Les Britanniques s'avouèrent vaincus et ils prirent la route dans la direction d'Ath.

Le bilan des victimes est assez lourd: 26 morts, des centaines de blessés et une centaine de maisons totalement ou partiellement détruites. La rue la plus touchée fut évidemment la rue de la station mais elle ne fut pas la seule puisque l'on recensa des maisons touchée à la rue du mont, la rue de Bruxelles, la rue des écoles et la rue latérale. L'école de Frères (aujourd'hui Albert I) fut elle aussi victime des bombardements sans pour autant subir des pertes humaines. Le parc communal vit par contre périr 2 hommes.

Sources

  • Aline Goosens, Dr en Histoire Moderne (ULB)
  • Lebrun Maxime
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