Juif Jonathas

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En 1370 la communauté juive de Bruxelles a été accusée de profanation du Saint-Sacrement et punie pour ce motif. Le vendredi saint 1370 à la Synagogue, des juifs auraient transpercé de poignards des hosties dérobées dans une chapelle. Du sang aurait coulé de ces hosties.

Cette histoire est racontée sur les vitraux de l'église Sainte-Nicolas à Enghien et sur ceux de la cathédrale Saint-Michel-et-Gudule à Bruxelles.

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Sommaire

Légende

D’après la légende, en 1370 des traces de sang auraient apparues sur des hosties transpercées par les Juifs du Brabant à la synagogue de Bruxelles. Les reliques furent vénérées sous le nom de Sacrement du Miracle .

En mai 1370, une demi-douzaine de Juifs, habitant Bruxelles, Louvain, furent exécutés sur le bûcher, sous accusation de vol et de profana­tion du Saint-Sacrement. On sait que les biens des Juifs furent confisqués et que, dès le début, on croyait au miracle des hosties sanglantes. Plus tard, aux XVIIe et XVIIIe s., on affirmait qu’à cette occasion les Juifs avaient été bannis pour toujours du duché de Brabant.

La culpabilité des Juifs ne fut jamais établie, bien au contraire. Le fait matériel de la profanation des hosties ne fut nullement constaté. L’exécution des Juifs ne fut légitimée que par la foi dans le prétendu miracle. L’accusation des Juifs rendait le miracle digne de foi. Le prétendu miracle offrait une occasion bienvenue de se défaire des Juifs. En même temps le miracle signifiait pour les simples fidèles une preuve matérielle de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Des miracles eucharistiques semblables, justifiés par une accusation des Juifs, étaient connus ailleurs en Europe au moyen-âge. Des traces de moisissure sur des hosties étaient interprétées comme des traces de sang, le sang du Christ.


L'implication du juif d'Enghien

En automne 1369, un notable juif d’Enghien, Jnathas, prend l’initiative de faire voler des hosties consacrées et de les profaner. Il paye à cet effet un Juif de Louvain converti au christia­nisme. Peu après, le nota­ble Juif est assa­ssiné (dans la ruelle des assassins à Enghien). Sa veuve passe les hosties aux Juifs de Bruxelles qui, le jour du vendredi saint 1370, transpercent les hosties avec leurs dagues. Du sang sor­t des hosties. Une juive convertie au christianisme se fait payer pour aller cacher les hosties chez les Juifs de Colog­ne mais, prise de remords, elle raconte le récit de la profa­nation au curé de l’église Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles. Le curé prend les hosties sous sa garde. Suite au témoignage de la convertie, les Juifs coupables sont condamnés à mort par le duc de Bra­bant et exécutés sur le bûcher. Les autres sont bannis du duché et leurs biens sont confisqués. Plus tard, les hosties sont transférées en procession à la collé­giale Sainte-Gudule.


Evolution

Le Sacrement du Miracle a joué un rôle important comme symbole national, signe de l’identité catholique du pays. Le culte de la relique s’inscrivit dans la lutte contre les Juifs, les protestants et les libres-penseurs. Les vitraux du XVIe s. furent offerts par Charles-Quint et les Habsbourg. Les archiducs Albert et Isabelle ont fait don à la chapelle de riches cadeaux et furent enterrés devant l’autel du Saint Sacrement. Les rois de Belgique Léopold Ier et Léopold II offrirent les deux premiers vitraux dans les bas-côtés. Les autres furent offerts par des familles nobles du pays.

Après 1870, la relique perdit son caractère national. La dévotion locale pour le Sacrement du Miracle continua cependant jusqu’à la deuxième guerre mondiale. Les vitraux, peintures et tapisseries continuèrent le récit de la prétendue profanation des hosties par les Juifs. Ce n’est qu’après le drame de l’Holocauste et sous l’influence de la modernité qu’une attitude plus critique par rapport à cette légende antijuive médiévale s’est affermie dans les milieux catholiques.

En 1968, dans l’esprit du deuxième concile du Vatican, les autorités diocésaines de l’archevêché de Malines-Bruxelles, après avoir pris connaissance des recherches historiques sur le sujet, ont attiré l’attention sur le caractère tendancieux des accusations et sur la présentation légendaire du miracle.


Source

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