Histoire

De WikiEnghien.

Sommaire

Les Seigneurs d'Enghien (fin XIème à 1381)

Mentionnée dès le Xème siècle sous le nom de Anguiam (voir éthymologie), la ville d'Anguien (une autre orthographe) est née au début du XIIème siècle aux abords d'un château (sans connaître de date exacte). Ce premier château remonte aux environs de 1150 et doit sa construction à Hugues d’ Anguien et dont les biens relèvent à ce moment du duc de Brabant. Les étages inférieurs de l'actuelle maison Jonathas date de cette époque. Il fut assiégé en 1190 et détruit 3 ans plus tard par le comte de Hainaut.

Etant donné la situation dangereuse de la ville, à un carrefour entre les lions de Hainaut, Flandre et Brabant, celle-ci bénéficie de privilèges et de la construction de fortifications. La ville vit une époque turbulente sous la dynastie.

Selon la tradition, on attribue à une colonie saxonne la fondation de la cité.

Un seigneur nommé d'Eugle, servant à la cour de Charlemagne, est désigné pour déporter des Saxons en Flandre et ce aux environs de l'an 801.Ces Saxons terminent leurs voyages dans la région d'Engle (d'où les noms des lieux et villages des environs d'Engle : Herfelinghe, Bellinghe, etc.). L'agglomération enghiennoise se forme insensiblement dans le courant du XIe siècle.

En 1107, le seigneur d'Enghien fait hommage de sa terre à Godefroid-le-Barbu, duc de Louvain . Enghien fait partie du comté de Brabant (Burbant ).

Hugues d'Enghien apparaît comme premier seigneur d'Enghien en 1121. Il élève en 1167 un château fort qui, occupé par des troupes brabançonnes, est démoli par Baudouin V de Hainaut . C'est quelques années après cette date que le comté de Burbant fut rattaché au Hainaut. Hugues épouse Elisabeth de Luxembourg dont sont issus Gossuin, Engelbert, Siger et Boniface.

En 1183, mort d'Hugues peu de temps après une donation faite à l'abbaye de Saint-Ghislain d'une terre qu'il possédait à Wasmes.

Gossuin a-t-il hérité de la seigneurie d'Enghien  ? Rien ne le confirme.

Engelbert, deuxième seigneur d'Enghien, épouse Ide, fille d'Henri, châtelain de Mons en Havré. Il commence par reconstruire la forteresse d'Enghien dans les premières années du XIIIe siècle, tâche que poursuit son fils Siger 1er. Engelbert profite d'une guerre entre le comte de Hainaut et le duc de Louvain pour se rallier à celui-ci mais il est contraint de rendre la forteresse d'Enghien au comte de Hainaut. Il fait de nombreux dons à l'abbaye de Cambron. Il est l'auteur de la branche des Enghien-Havré. Mort d'Engelbert en 1245 et c'est Siger 1er qui lui succède comme seigneur d'Enghien.

Siger 1er épouse Alix, fille héritière de Walter, seigneur de Sottegem. Ce Walter appartient par sa mère à "une" ou "la" puissante famille des Avesnes . Il reçut de Jean d'Avesnes une donation territoriale qui permit l'extension des limites de la ville d'Enghien .

En 1254, Charles d'Anjou , frère de Saint-Louis, à qui Marguerite de Constantinople a cédé le comté de Hainaut , se voit refuser par le seigneur d'Enghien l'hommage de vassalité qu'il exigeait et vient mettre le siège devant Enghien mais il essuie un échec. En 1261, mort de Siger 1er. Walter 1er, son fils, lui succède.

Walter 1er épouse successivement Mahaut de Barbançon , Mathilde de Dongelberg et Marie de Rethel . Il profite d'une ère de tranquillité pour continuer les travaux du château d'Enghien . En 1267, Walter 1er signe à Cortenberg la convention de paix et de réconciliation entre la ville de Louvain et la duchesse de Brabant . Il meurt en 1290.

Walter II succède à son père en 1289. Il achète la terre de Grimengh (Grimbergen) en 1309 et épouse Yolande de Flandre . Il meurt en 1310 et est inhumé en l'église paroissiale d'Enghien . Sa femme gouverne au nom de son fils Walter III.

En 1316, Walter III (Wauthier) prend en main l'administration de ses domaines et prend part aux guerres de son époque. Il part avec Guillaume 1e, dit le Bon, au secours d'Edouard III, roi d'Angleterre , époux de Philippine, fille de Guillaume 1er, contre Robert Bruce, roi d'Ecosse . Il assiste aux fêtes qui accompagnent la fondation de l'Ordre de la Jarretière en 1343. Il épouse Isabelle de Brienne , fille de Gauthier V de Brienne, duc d'Athènes , comte de Conversano , et de Jeanne de Châtillon-Porcéan. Ce couple avait également un fils, Gauthier VI de Brienne, qui périt à la bataille de Poitiers en 1356. Ce n'est donc qu'en 1358 qu'Isabelle hérite les titres que portera son mari - et plus tard leur fils Siger - à savoir comte de Brienne et de Conversano et duc d'Athènes

Siger II d'Enghien (Sohier) succède en 1346 à son père Walter III et devient à la mort de son oncle, Walter, connétable de France . Il devient duc d'Athènes , comte de Conversano , de Brienne et de Liches. Il est l'époux de Jeanne de Condé . Il achète à Marie de Braine la terre de Basily et la réunit à sa terre d'Enghien en 1361.Il a de graves démêlés avec le comte de Flandre et de Hainaut .En 1366, Aubert de Bavière , régent du Hainaut, entre en conflit avec la maison d'Enghien et tente, vainement, de s'emparer de la ville et du château. C'est au château de Baisieux, près de Quiévrain , que le duc Aubert de Bavière surprend pendant la nuit le sire d'Enghien et le fait prisonnier au donjon du Quesnoy . Siger II a la tête tranchée le jeudi 21 mars. Les rumeurs populaires accusent Jean, sire de Werchin , sénéchal de Hainaut, Baudry, sire de Roisin , Gérard, sire de Ville , et Gilles d'Ecaussinnes d'avoir aidé le duc Aubert à commettre ce crime. La vengeance injustifiable d'Aubert de Bavière à l'égard de Siger d'Enghien provoque une guerre longue et acharnée, désastreuse pour le Hainaut.

Walter IV succède à son père et est armé chevalier en 1379. Il fait ses premières armes sous Louis de Mâle . En 1380, les Gantois s'étant emparés de l'abbaye d'Enaeme, le seigneur d'Enghien accourt aussitôt les surprendre à la tête de 300 lances en s'écriant : "Enghien au seigneur". Walter IV est tué avec son frère Gérard, bâtard d'Enghien, en 1381.

En 1384, après la mort de Walter IV, son oncle Louis d'Enghien , comte de Conversano , devient chef de la famille. Il épouse Jeanne de Saint-Séverin, fille du comte de Saint-Séverin, prince de Salerme . Ils n'eurent que des filles. Par la suite, le comte Louis de Conversan prend le chemin de l'Italie pour aller soutenir le comte d'Anjou qui a fait la conquête du royaume de Naples . Il ne revient plus dans nos provinces et séjourne dans son comté de Conversan dans les Pouilles . Il meurt en 1390.

Durant cette période, la terre d'Enghien se trouve en butte à des pillages et à des dévastations commises par une troupe de paysans surnommés "les Pourcelles de le Raspaille ".

Maison de Luxembourg (1390-1487)

La seigneurie d'Enghien et les comtés de Conversano et de Brienne passent à la fille de Louis d'Enghien et à son gendre Jean de Luxembourg . Ainsi s'éteint la branche aînée de la famille d'Enghien qui a occupé l'un des premiers rangs parmi les familles féodales du comté de Hainaut . Enghien passe ensuite dans les familles de Clêves, de Nassau , de Bourbon et enfin d'Aremberg .

La ville d'Enghien est effectivement qualifiée de baronnie car au Moyen-Age et aux Temps Modernes, le régime féodal désigné par ce terme et, d'une manière générale, désignait les vassaux importants du roi ou du prince. Les terres de ces vassaux portent alors le titre de baronnies. C'est donc le cas pour Enghien qui est qualifiée de baronnie dans le comté de Hainaut et les seigneurs qui y règnent sont considérés comme éminents.. La baronnie étant davantage une reconnaissance honorifique et une preuve de notoriété qu'une titularisation spécifique dans la hiérarchie nobilière.Enghien a anciennement le titre de baronnie de Hainaut auquel on substitue, vers l'an 1670 (1680?), en faveur du duc d'Arschot celui de pairie de cette province qui est alors annexée à la terre de Petit-Quévy .

C'est une époque d'épanouissement communal. En effet, la ville compte pas moins de 10 métiers, 5 halles, 4 marchés; une demi-douzaine de clochers et cent fois plus d'habitations. La ville qui occupait 30 hectares alors passe à 60 hectares. Elle est sous la protection de 4 serments. Une enceinte est érigée autour de la ville. C'est aussi à cette époque que l'on voit apparaître les premiers jardins au parc.

Cleves-Ravenstein (1487-1523)

Entre 1505 et 1523, Philippe de Clèves (1456-1528), seigneur de Ravestein, qui avait épousé en 1487 Françoise de Luxembourg, la plus jeune des filles du dernier seigneur d'Enghien, Pierre de Luxembourg, a fait de son château d'Enghien l'un des fleurons de ses domaines seigneuriaux, un symbole de sa puissance financière et familiale. Il y a installé une magnifique bibliothèque de manuscrits, dont une cinquantaine existent encore dans plusieurs grandes bibliothèques européennes, une galerie de portraits à la gloire de sa famille, et a été l’un des premiers à collectionner dans les Pays-Bas méridionaux l'art de la Renaissance italienne et l'art antique. Au niveau institutionnel, il confirma en 1505 les statuts du Serment des arbalétriers de Saint Jean Baptiste, donnés vers 1340 par Walter II. Il fit de même le 25 juin 1510 pour le serment des Archers de Notre Dame, et leur octroya la « maison de la Vierge », reconstruite à leurs frais . Il renouvela en 1520 le règlement du Métier de Sainte Catherine (couturiers, parmentiers, chaussetiers, pourpointiers, fripiers). Enghien étant une ville licière et alors qu'une foire annuelle de tapissiers s’y tenait depuis 1469, Philippe de Clèves octroya des statuts à la corporation (18 octobre 1513), stipulant que le marquage de toute tapisserie par un plomb aux armes de la ville et la lettre « E » était désormais obligatoire. Par l'entremise de son bailli, Jean de Ligne, seigneur de Ham, il fit encore donner en mai 1501 de nouveaux statuts à la Chambre de rhétorique dite confrérie de Sainte-Anne, composée d’une vingtaine de membres masculins et féminins, et dont l’existence est attestée depuis le XVème siècle. La confrérie pieuse conserva l’appellation de Sainte-Anne, tandis que la chambre de rhétorique prit le nom « de Penseebloem », avec la devise « Penser y fault » , en l’honneur de Philippe de Clèves, dont la fleur emblématique était justement la pensée, et qui figure notamment sur deux jetons de la fin du XVème siècle. Philippe de Clèves dépouilla partiellement le château de son aspect de forteresse médiévale : il fit redécorer la chapelle seigneuriale et réédifier le corps de logis principal (1512), l'ornant de belles galeries et de salles curieuses (salle de Bacchus). Selon Colins, qui a vu cette « salette de Bacchus » avant 1643, les vitraux portaient la devise d’Adolphe de Ravestein, le père de Philippe, « Plus oncques, mais oncques mieux », prises lors de son remariage avec Anne de Bourgogne . En 1512, la chapelle fut consacrée par Jacques de Croy en chapelle de Saint-François. A l'intérieur, les murs sont parsemés des lettres P et F : Philippe de Clèves et Françoise de Luxembourg, R pour Ravenstein et du « Q couronné », qui constitue sa marque personnelle, présente également sur sa vaisselle, comme l'attestent les inventaires post mortem. Au niveau du parc, celui-ci était ceinturé par un mur impressionnant de plus de 3,5 kilomètres de long, édifié par Pierre de Luxembourg en 1412 pour protéger son gibier et faisait 108 bonniers. Toutefois, il existe encore un vidimus sous le scel d’Enghien de l’achat de 2 bonniers et de 16 verges de terre « pour la closture de son parcq, à Luycq de Vryse et Jehenne sa femme », daté du 1er février 1498 (1499 n.st.). Philippe de Clèves aurait donc également contribué à son unité territoriale.

Famille Bourbons-Vendôme (1523-1606)

A la mort de Françoise de Luxembourg, épouse de Philippe de Clèves, en 1523, la ville et seigneurie d'Enghien revinrent de droit à la soeur de celle-ci, Marie de Luxembourg. Son remariage avec le duc de Vendôme, le 8 septembre 1487, l'avait fait entrer dans la famille des Bourbons. En 1529, le domaine fut estimé, pour payer la rançon de François Ier à l’Empereur, à 3.531 écus d’or, 1 quart et 7 sols. L’inventaire révéla qu’une bonne partie des biens meubles n’étaient déjà plus présents, et qu’il s’agissait de voir en cette somme le prix du château et du parc. LA famille de Bourbon-Vendôme ne s'intéressa pas beaucoup au domaine et le laissa aller à vau-l'au. Les crises politiques et religieuses du XVIe siècle appauvrirent la ville. Par le jeu de diverses successions, Enghien échoua entre les mains d'HEnri IV. En 1606, Henri IV vendit la seigneurie au prince–comte Charles d’Arenberg, époux d'Anne de Croy. En 1606, « la terre d’Enghien (…) consiste en une belle ville fermée de portes et murailles, avec un chasteau pour y tenir cour de prince (…) Il y a un parcq ample et spacieux et le plus grand des Pays-Bas, auquel se retrouvent XXm (2000) arbres portant fruictz et pour y nourrir touttes les provisions d’ung prince. »

Famille d'Arenberg (1606)

Généalogie de la famille d'Arenberg

C'est à cette époque que bon nombre des monuments du parc sont construits. François d’Arenberg (1625 - 1674) Louis d’Arenberg (1750 - 1820)

Famille Empain (1924)

Empain rachète le parc en 1924. Il y construira entre autres le Château Empain ainsi que les orangeries.

Ville d'Enghien

Depuis 1986, le parc est la propriété de la ville d’Enghien. De grands travaux de rénovation débutent. Le premier bâtiment à être restauré est le Pavillon chinois.

Sources

Outils personnels