Brasseries d'Enghien

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Les brasseries d’Enghien et de sa région

Dans cet exposé je ne vous parlerai que des brasseries d’Enghien et de sa région qui malheureusement n’existent plus aujourd’hui. Je n’ai choisi que quelques brasseries parmi les nombreuses qui ont existé.

Ville située dans le nord de la province du hainaut. Enghien représente administrativement Marq, Petit-Enghien et Enghien.

La rue de Nazazerth évoque la mémoire des vénérables sœurs grises, qu’on appelait aussi les Sœurs de Nazareth. Au moins quatre grosses maisons sont d’anciennes brasseries, sises sur les rives autrefois poétiques et enchanteresses de l’Odru, rivière qu’on a maintenant dû voûter pour à jamais dissimuler la honte de la population.

Les brasseurs d’Enghien ont joué un rôle important dans l’économie de la ville dès le 14ème siècle. Les brasseries étaient nombreuses et prospères. Elles ont dès le leurs débuts fortement contribué à remplir non seulement les chopes, mais aussi les caisses de la ville. Il n’a jamais échappé à l’œil perspicace des autorités communales que quand la bière coule à flots, les taxes évitent aux finances d’être à sec.

Parmi les brasseurs enghiennois on peut nommer entre autres Decroes, Delhaye, Denys, Rigaux, Tennstedt, etc.

Dans les environs d’Enghien on pouvait aussi compter de nombreuses brasseries, la plupart d’entre elles ont malheureusement disparues aujourd’hui.


Les brasseries de Hoves

Situé à environs 3 km d’Enghien sur la route vers Soignies, Hoves est un très ancien village dans lequel l’art de brasser est apparu il y a bien longtemps. Sans doute faut-il en chercher une des raisons dans le fait que cette commune est traversée par une voie de communication jadis très importante, la chaussée romaine reliant Bavay à Utrecht. La « Brasserie- Auberge de l’Empreur » citée au 18ème siècle semble le confirmer. Voyager donne soif, même de nos jours.

D’autres brasseries plus ou moins importantes y ont très certainement existé, comme partout ailleurs. Plus aucune cependant n’est encore en activité au moment où apparaît la première des deux grandes brasseries que connaîtra Hoves au 20ème siècle.

Ayant hérité d’une importante propriété située en plein mileu du village, Martine Laurent, et son époux, Alexandre Estos, docteur en médecine, décident d’y fabriquer de la bière. Le 2 avril 1897, ils créent à cet effet la société coopérative « Brasserie Saint-Maurice ».

Douze ans plus tard cette société est mise en liquidation. Le 29 novembre 1909, la brasserie est achetée par Julien Roosens. Mais celui-ci la revend le 4 octobre 1911. Quatorze ans après sa fondation, cette entreprise a donc cessé d’exister. La création d’une seconde brasserie à Hoves en 1906, n’est peut-être pas étrangère à cette disparition.

Acquis par Léopold Van Hove, marchand de bière, pour la somme de 1800 francs, les bâtiments de la brasserie Saint-Maurice n’abritera plus qu’un commerce de bières, la mode des bières en bouteilles gagnant du terrain, Léopold s’équipe d’un matériel de soustirage qui lui permet de mettre en bouteilles et de vendre sous son nom des bières brassées notamment chez Artois à Louvain.


La deuxième brasserie de Hoves : La brasserie Desclin

C’est peu avant 1906 que Jean-Baptiste Desclin et son épouse, Césarine Derdelinghen, décident d’installer une petite brasserie dans leur ferme. Situé dans la rue de Nivelles, actuellement rue du Moulin, l’exploitation familiale privilégie rapidement la production de bière au détriment de l’activité agricole. Cependant, les Desclin n’abandonneront définitivement l’élevage qu’à la fin des années quarante.

Pendant toutes ces années de cohabitation leur brasserie ne produit que les traditionnelles bières de table blondes et brunes, ainsi que la saison. Toutes trois de fermentation haute, elles ne sont d’abord conditionnées qu’en tonneaux.

Victime comme tant d’autres des réquisitions allemandes de 1917, Jean-Baptiste parvient très vite à relancer la production de ses bières. A son décès, le 2 avril 1928, sa veuve prend en main les destinées de l’entreprise, bientôt secondée par un de ses fils, Henri, et son épouse Alice Da-Prat.

Dans les années trente, ils s’équipent d’une petite bouteilleuse. Mais la brasserie reste relativement modeste, n’employant jamais plus de deux ou trois ouvriers. Il n’en sera plus de même après 1945.

Diversifiant sa production, Henri se met alors à fabriquer des limonades. En 1948, il crée une bière forte dénommé Hov-ale. Mais malheureusement cela ne suffit pas à enrayer le déclin de l’entreprise, Henri se voit contraint du cesser toute activité en 1961.


La brasserie Alliance de Graty

Graty n’a longtemps été qu’un hameau de la commune de Hoves et n’en a été séparé que par une loi du 22 avril 1892, il y a donc un peu plus d’un siècle. Peuplé à l’époque par un peu moins d’un millier d’âmes, Graty possède cependant une petite brasserie, simple dépendance d’une exploitation agricole appartenant à un certain baron Cackenberg, celle-ci était située rue Labiau, actuellement dénommée rue du Meunier.

L’art de brasser ne commence à y supplanter l’agriculture que à partir de 1897, année qui voit le rachat de la ferme brasserie par Joseph Veen, son épouse, née Ladeuz, et leur famille respective. Tous ensemble constituent la société anonyme « Brasserie Alliance » chargée de son développement.

Se séparant du statut de société anonyme vers 1905, cettte petite entreprise familiale produit trois bières différentes, une blonde, une brune et une saison.

Bientôt secondé par son fils, Herman, Joseph Veen semble avoir particulièrement bien géré sa brasserie. Mais le débit de la source l’alimentant en eau s’affaiblit d’année en année. La brasserie de Graty produira ses derniers hectolitres de bières en 1931.


La brasserie Marguerite à Bassily

Située à quelques kilomètres au Nord de Silly, le long de la route menant de Bruxelles à Tournai, la commune de Bassilly était jadis étroitement liée à l’Abbaye d’Ename qui y possédait de nombreuses dépendances. L’une d’elles, la Cense de la Rembecq, vaste propiété foncière, à longtemps été gérée par la famille Bricoult, ce qui lui a donné l’occasion de s’enrichir et de pouvoir la racheter. Peu avant 1870, Hilarion Bricoult (1837-1918) décide de fabriquer de la bière.

En 1896, suite au mariage de sa fille aînée, Lydie, avec Camille Flament, médecin militaire, Hilarion décide de prendre sa retraite. Confiant au jeune couple la direction de la brasserie, il n’y conserve qu’un vague rôle de surveillant. Afin d’assumer au mieux ses nouvelles responsabilités, Camille démissionne de l’armée. Cette petite entreprise familiale ne produit qu’une saison et une blonde, comme pratiquement partout dans nos campagnes au début du siècle. Un lourd chariot conduit par deux chevaux mène leurs tonneaux, ceux-là mêmes dans lesquels la bière a fermenté, vers quelques fermes ou estaminets de la région.

Victime des réquisitions de 1917, les allemands ayant emporté le matériel en cuivre, ainsi qu’un cheval, Camille Flament ne cherche plus à rebrasser au lendemain de l’Armistice. Abandonnant rapidement le monde de la bière, il cède sa clientèle à la brasserie Meynsbrughen et obtient un poste d’employé dans une fabrique près de Tournai.


La brasserie Tennstedt-Decroes à Enghien

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Située à Enghien, la brasserie Tennstedt-Decroes, créée en 1880, cesse toute activité en 1975. La production de ses deux chevaux de bataille, la spéciale double enghien et la doublette est très rapidement transférée à la brasserie de Silly qui abandonne cependant la seconde en 1987.

Aujourd’hui, il existe encore des brasseries dans notre magnifique région, notamment la Brasserie de Silly et la Brasserie Lefebvre à Quenast.

Source

Lionel Van der Haegen (mars 2000)

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