Édouard Empain

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Le baron Édouard Louis Joseph Empain (Belœil, 1852-1929), fils de François-Julien Empain, modeste instituteur de Belœil est le fondateur de la célèbre dynastie industrielle du même nom et ingénieur, il sera anobli par Léopold II. Il a notamment développé le chemin de fer en Belgique, en France et au Congo belge au travers son affaire Electrorail, fondé l'Héliopolis cairote moderne, la Banque Empain, des sociétés d'électricité et de construction électromécanique. Il sera ministre de l'Armement du gouvernement belge durant la Première Guerre mondiale, avec le rang de général.


Biographie

Tout commence dans une classe de primaire de Beloeil... Quand il enseigne l'histoire des grands hommes aux petits enfants du coin puis à ceux de Blicquy dans le Hainaut, l'instituteur François Empain est loin de se douter qu'un jour assez proche, son propre nom, Empain, sera synonyme d'empire industriel et financier.

Comment pourrait-il ne fût-ce qu'en rêver, alors que son salaire suffit à peine à faire vivre sa nombreuse famille ? Il est déjà bien heureux qu'Edouard, son fils aîné, ait pu terminer des études secondaires. L'idéal serait qu'il puisse poursuivre des études d'ingénieur comme il en a envie. Mais ça, vraiment, c'est impossible.

Il faut dire qu'il y a encore six enfants à pourvoir d'un bagage minimum après Edouard. Mais au fond François Empain ne s'en fait pas pour Edouard. Il le sait volontaire. D'ailleurs, il a déjà trouvé un emploi, et tout en gagnant sa vie, il prépare son examen d'ingénieur au Jury Central.

En 1878, c'est chose faite, Edouard Empain est ingénieur. A 26 ans, il entre à la Société Métallurgique de Bruxelles. Chef du bureau des études, ingénieur en chef, administrateur, sa carrière est fulgurante, sa situation aisée, mais ça ne le satisfait pas. Il a la tête pleine de projets. Il sait que, pour les réaliser, il doit être son propre maître. Il exploite alors à son compte une carrière de pierre dans la province de Namur. Premier essai, premier succès et première intuition de génie. Il se rend compte en effet que, dans nos campagnes, les moyens de communications sont inefficaces, parce qu'ils n'aboutissent pas aux grandes voies ferrées. Pour Empain, il faut créer un chemin de fer vicinal, sur voies étroites donc.

Autour de lui, on n'y croit guère, mais l'ingénieur est convaincant et bientôt la Société des Railways économiques de Liège-Seraing et Extensions établit le premier vicinal de la région entre Liège et Jemeppe sur la rive gauche de la Meuse. Succès total. Donc il continue : il crée la ligne Ixelles-Boendael à travers la campagne, “ le Petit Tram ” comme l'appellent les Bruxellois et cela roule bien. Du coup, les pouvoirs publics se mettent à réfléchir, et couvrent le pays d'un réseau de voies ferrées.

Fini le marché belge pour Empain? Qu'importe : en France, tout reste à faire dans le domaine, et, en 1883, il y crée la Société des Chemins de fer du Nord, Les Vicinaux Français, les Chemins de Fer du Calvados, ceux de la Banlieue de Reims... Bref, en 10 ans, “ Empain ”, cela veut dire quelque chose en Belgique comme en France.

Pourtant, l'ingénieur belge se sent coincé. Pour réaliser ces entreprises et les faire fonctionner, il a besoin d’argent, des sommes énormes et les banquiers sont toujours réticents, longs à convaincre. Il devrait pouvoir se passer d’eux au maximum. Le meilleur moyen : devenir son propre banquier, mais différent des autres.

A l'époque, l'activité bancaire belge se limite au commerce de l'argent et de l'or tandis que lui rêve d’une banque qui prenne des intérêts dans les industries et qui en crée même de nouvelles. C’est ainsi, et ainsi seulement, pense-t-il, que pourront se faire de grandes et rapides concentrations d'argent et que se réaliseront de vastes projets. En 1881, c'est fait. La Banque Empain existe, c'est un holding, le premier, qui deviendra la Banque Industrielle Belge. Gérée avec prudence, elle fonctionne parfaitement. Le progrès n'attend pas : le réseau traction vicinal “ vapeur ” à peine tissé, on parle de traction électrique pour les transports urbains. Comme toujours, il y a les sceptiques, mais Empain sait que l'idée est bonne, que l'avenir du transport se trouve là.

10 ans après, à Boulogne, à Lille, à Gand, à Charleroi, au littoral belge, l'électricité l'a emporté. Puis ce sera le Caire, Astrakhan, l'Espagne, la Russie et même la Chine... Oeuvre gigantesque, certes, mais celle qui lui apporte la célébrité mondiale, c'est à Paris qu'elle se réalise. Avec le Métropolitain.

Ah! Paris et ses axes de pénétration toujours embouteillés! Seul mode de transport en commun, les omnibus y sont complètement dépassés. Empain et les compagnies de chemins de fer demandent des liaisons rationnelles, ferrées avec le centre. Mais l'opposition est violente. Le métro! s'insurge-t-on, il va vider la ville ! La vie intellectuelle va disparaître, les maisons vont s'effondrer tout autour! On va remettre à jour les défécations séculaires des Parisiens ! Jamais ! crie un parlementaire à la Chambre. “ Le métro est antinational, antimunicipal, antipatriotique et attentatoire à la gloire de Paris! ” Et c'est non, jusqu'à ce qu’en 1895, le ministre des Travaux publics donne son accord. Empain se met au travail : la percée est-ouest du tunnel se fait avec 2.000 terrassiers, jour et nuit, selon la méthode belge : on attaque le tunnel par le dessus, on étançonne les terres supérieures, puis on maçonne la voûte et on va vers le fond du tunnel.

En 1900, l'année de l'exposition, le métro est inauguré et Empain est quasiment le maître de cette superbe affaire. Mais il n'est pas au bout de ses peines. En l903, un court-circuit incendie une station. Bilan : 89 victimes. Paris est en deuil et a peur du métro. Le drame bouleverse Empain, mais il est convaincu que la catastrophe ne doit pas remettre en question le principe du métro. Il plaide, et finalement les Parisiens se rassurent, les actions du métro remontent.

Un homme aussi entreprenant ne pouvait que séduire Léopold II, ce bâtisseur d'Empire. En 1904, le souverain l'appelle et Empain crée au Congo “La Compagnie des Grands Lacs Africains ”, vaste réseau ferré qui déssert les articulations essentielles à la prospérité de la colonie. Reconnaissant, le roi annoblit l'industriel.

A Charleroi, la société “ Electricité et Hydraulique ” périclite à cause de la concurrence allemande. Le Roi fait valoir l'intérêt national. Empain reprend l'entreprise, y injecte ses capitaux et constitue en 1905, la Société des Ateliers de Constructions Electriques de Charleroi, les ACEC. L'affaire redémarre en flèche. En moins de 15 ans, l'entreprise atteint un niveau mondial.

Dans cette impitoyabe vie d'action, le rêve garde pourtant sa part. Il a l'opulence de l'or et de l'onyx, la blondeur du sable : c'est l'Egypte pour laquelle Empain a eu le coup de foudre dès son premier séjour. Depuis, une obsession le hante : Héliopolis. Reconstruire près des ruines de l'ancienne cité, une nouvelle Héliopolis, une nouvelle cité du Soleil, luxueuse et moderne aux confins du désert. On le prend pour un fou. Mais, en lui, l'homme d'action sert le poète. Dès 1910, Héliopolis surgit des sables égyptiens et le Baron Empain l'aime de l'amour d'un créateur. Passionnément.

1914 : la guerre éclate. Empain organise les transports rapides des troupes vers le front. Quand l'armée bat en retraite derrière l'Yser, il assure le ravitaillement. La paix acquise, il remet ses usines en route et commence une nouvelle guerre, une guerre économique contre l'Allemagne et sa suprématie dans le domaine de la chimie. Et bien sûr, il la gagne.

Tout cela a fait du fils du petit instituteur de Beloeil, un baron puissant et très riche, mais qui aide les sciences, les arts, les oeuvres, les gens. Cet homme au torse large, au ton souvent impérieux, restera au travail jusqu'au dernier jour, jusqu'à ce 22 juillet 1929 où, âgé de 77 ans, il meurt dans son domaine de Woluwé. Selon sa volonté, il sera inhumé dans une basilique surgie du désert, à Héliopolis. Là où se trouvait son rêve. P.N.

Il laissera deux fils, Jean dit Johnny, qui reprendra ses affaires, et Louis qui se consacrera à des œuvres sociales. Son petit-fils, Édouard-Jean Empain, fils de Johnny, fera l'objet d'un célèbre enlèvement.

Son frère, François Empain, est celui qui acheta le domaine du château d'Enghien à la famille d'Aremberg. Comme le stipulait une clause de l'acte de vente, il y fera construire un château, le Château Empain que nous connaissons aujourd'hui. Le Baron François Empain et sa femme embellirent le parc de la plupart des statues que nous pouvons observer aujourd'hui. Ils manquèrent par contre d'entretenir ou de restaurer de nombreux bâtiment et allèrent jusqu'à raser un des pavillons des jardins français pour y installer un terrain de tennis.


Sources

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